La Pigmentation

Du grec Mélas (noir), la mélanine est une substance sombre influençant le phénotype de l'oiseau.


La mélanine est une substance très complexe se présentant sous la forme d'une protéine que l'on rencontre sous diverses formes. Cependant on peut considérer que l'on a seulement deux formes stables. La première forme correspond à un polymère de couleur originelle noire (ou brune si une mutation s'est produite) que l'on nomme EUMELANINE et dont la densité varie entre de larges extrémités : elle apparaît sous forme de bâtonnets. La seconde forme correspond à un monomère de couleur brunâtre que l'on nomme PHAEOMELANINE : elle apparaît sous forme de granules juxtaposées.

Comment se forme la mélanine ? 
Une matière simple, véhiculée par le sang dans la peau, sert de base aux mélanocytes (cellules ayant la propriété de fabriquer la mélanine) ; la TYROSINE. Grâce à une oxydation de cet acide aminé qui perd son caractère acide sous l'effet d'enzymes dont la tyrosinase, on assiste à la formation d'un monomère (PHAEOMELANINE) puis d'un polymère (EUMELANINE). La quantité formée dépend de la nature, de la quantité et de la vitesse de polymérisation.


Le pigment de mélanine est complexe, avec un ensemble de mélanines mixtes dont les diverses voies de synthèse possèdent un point de départ commun, la tyrosinase. Les unités élémentaires de mélanisation correspondent à des ensembles fonctionnels où les mélanocytes entretiennent des contacts avec un certain nombre de kératinocytes voisins auxquels ils transfèrent les grains pigmentaires.

Le nombre d'unités varie en fonction de la région corporelle. Ces unités contiennent en moyenne 1 mélanocyte pour 36 kératinocytes (bien qu'il existe des variations).

Le transfert de pigment du mélanocyte aux kératinosomes se fait en 4 phases principales :
    -1 : synthèse des mélanosomes dans le mélanocyte
    -2 : mélanisation des mélanosomes dans le mélanocyte
    -3 : transfert des mélanosomes aux kératinocytes
    -4 : dégradation et élimination des mélanosomes dans les kératinocytes.

Le nombre et le niveau d'activité des unités fonctionnelles de mélanisation conditionnent la pigmentation cutanée. Selon la nature de l'oxydation plusieurs cas de mélanisation peuvent se produire. La synthèse partielle de la phaéomélanine et de l'eumélanine a permis de répertorier 4 types de mélanines :


1 - LE TYPE NOIR (n+ rb+) : La phaéomélanine se forme d'abord, puis intervient le mécanisme de polymérisation produisant de l'eumélanine noire. Le fait de recevoir de la phaéomélanine chassée par de l'eumélanine donne très souvent des plumes noires bordées de brun (rémiges, queue). La mélanine est influencée par le sexe de l'oiseau : la femelle est toujours plus brune que le mâle. Il existe une mutation quantitative des mélanines noires. On parle de « supers oxydés » ou de « peaux noires ». La peau est noire ainsi que l'intérieur des pattes. Seule l'eumélanine noire dans son oxydation maximale se manifeste phénotypement. Le noir doit posséder uniquement de la mélanine noire la plus oxydée possible. Le dessin est constitué de stries noires, alignées, continues sans aucune réduction, surtout au niveau des rémiges et de la queue.


2 - LE TYPE BRUN (n+ rb+) : On a toujours production de phaéomélanine avant la polymérisation. Cependant le monomère de base servant à la polymérisation est différent de celui intervenant pour le type noir. En effet, il ne se forme pas de l'eumélanine noire mais de l'eumélanine brune (mutation de l'eumélanine noire). Globalement la phaéomélanine et la l'eumélanine brune sont présentes. Le brun, comme le noir, est un oiseau oxydé au maximum, mais il a subi une mutation au niveau de la mélanine noire qui a été transformé en brun. La femelle est encore plus brune que le mâle. Un canari brun possède des stries eumélanines brunes très foncées et est enrobé de chocolat (couleur de fond due à la présence d'une oxydation maximale des phaéomélanines). La coexistence harmonieuse de ces deux mélanines donne au canari brun sa typicité. Les rémiges et la queue ne doivent pas avoir de dilution.


3 - LE TYPE AGATE (n+ rb) : Le monomère de base est le même que celui intervenant dans la polymérisation du noir. Cependant la quantité produite a été réduite. La polymérisation débute avec du retard. Tout ceci se manifeste par des stries noires moins foncées que chez le type noir, courtes et alignées. Le trait central ne va pas jusqu'en haut de la plume, les rémiges et la queue sont bordées de gris (réduction du noir).


4 - LE TYPE ISABELLE (n rb) : Le monomère de base est identique à celui intervenant dans la polymérisation du brun. La quantité produite est encore réduite. Par l'absence de l'enzyme de polymérisation, on a une expression timide de l'eumélanine. Le canari est de couleur beige dilué et yeux rougeâtres. Plus la réduction est importante, plus l'oiseau est typique. La mélanine dorsale est raccourcie - le trait central ne va pas jusqu'en haut de la plume, les rémiges et la queue sont beiges. La bordure de la queue, plus généralement de la plume est dégradée, presque dépigmentée.


5 - EN RÉSUMÉ Si l'on se rapporte aux standards, l'amateur doit chasser au maximum la phaéomélanine pour ne garder dans le plumage du canari que la seule eumélanine noire ou mutée en brune. Mais attention, cette phaéomélanine est essentiellement pour la reproduction et la structure de la plume. L’éleveur devra donc être très vigilant dans ces accouplements pour tenir compte de cela.

Klick eine Pfahne um diese Seite übersetzen
Click one flag to translate this page